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Les Açores : Un terrain d’entrainement niché au cœur de l’Atlantique

C’est sur l’île de Faial que 3 sportifs belges de haut niveau (Tom de Dorlodot, Jonas Gerckens et Fred Buyle) se sont retrouvés cet été… 3 passionnés isolés du reste du monde durant quelques jours pour pratiquer leurs passions : le parapente, la course au large et l’apnée.

L’occasion de croiser les regards qu’ils portent sur cet écrin de l’Europe et de recueillir leurs confidences au sujet de leurs compagnons de voyage.

Tom de Dorlodot, parapentiste professionnel et aventurier

Tom de Dorlodot

Qu’est-ce que les Açores ont de si particulier par rapport à la pratique du parapente ?

Ce que je recherche ce sont toujours des décors exceptionnels.

Ici la météo est tout à fait propice car il y a beaucoup de belles journées grâce à l’anticyclone. Il y a toujours une bonne orientation car on est sur des îles qui sont plus ou moins rondes, on peut toujours s’adapter au vent quel que soit sa direction.

Ici tout est à faire, si tu vas dans les Canaries tous les sites ont été testés par des parapentistes. Alors qu’aux Açores, il y a très peu de gens. C’est très agréable de se dire que l’on peut encore être des pionniers dans notre discipline.

Comment tu définirais Fred et sa passion pour l’apnée ? 

Je rencontre beaucoup de passionnés mais finalement peu de puristes, des personnes qui sont vraiment à fond dans leur passion et entier dans leur pratique.  De manière super assumée, Fred est venu s’installer un peu au bout du monde pour vivre sa passion. Fred vit sur l’île de Faial à 1.300 km de l’Europe, au milieu de l’Atlantique et ce depuis 10 ans.

C’est quelqu’un aussi qui aime partager sa passion mais également faire changer les mentalités par rapport au respect de l’environnement. J’apprécie énormément cela. Il a un rôle très important à jouer en donnant des conférences aux quatre coins du monde et en bossant avec des scientifiques.

Je le respecte énormément et j’ai envie de partager avec lui ma passion comme lui le le fait avec moi. C’est une belle amitié.

Comment as-tu rencontré Jonas? 

Jonas je l’ai rencontré pour la première fois en Belgique parce que je voulais apprendre à naviguer pour mon projet. J’ai donc cherché les références dans ce domaine et forcement je suis tombé sur Jonas. C’est top car Jonas a même trouvé notre bateau qui est devenu notre maison.

J’ai beaucoup d’admiration pour Jonas, bien sûr pour la performance physique et technique. Mais le gros du combat, c’est quand il met sa casquette d’entrepreneur qui doit monter un projet et récolter des finances car c’est un sport technique qui a son coût.

Aujourd’hui, on a même des partenaires communs comme Garmin, on fait partie d’une même famille et cela rapproche encore plus. J’ai beaucoup de respect pour tout ce qu’il a mis en place et pour les Belges qui sortent de leur bulle. Les grandes écoles de voile ne se trouvent pas en mer du Nord, mais plutôt en Bretagne où il est parti habiter pour vivre sa passion. Résultat : aujourd’hui on a un belge qui performe au plus haut niveau.

Je suis moi-même parapentiste dans un pays sans montagne, c’est un point commun qui nous rapproche. Chaque fois qu’il gagne une course, je lui envoie un message et chaque fois que je performe quelque part, je reçois un message de Jonas. C’est super touchant !

Jonas Gerckens, skipper de course au large

Fred et Jonas

Qu’est-ce que les Açores ont de si particulier par rapport à ta passion la course au large ? 

Des îles au milieu de l’Atlantique, déjà rien que ça, ça me convient ! C’est une escale qui représente beaucoup pour moi en tant que marin mais aussi comme sportif.

Pour les marins, navigateurs et aventuriers les Açores sont une escale de légende. En tant que sportif, c’est parce qu’une belle partie de mon palmarès s’est forgé sur les courses menant aux Açores. Ici j’ai vécu des arrivées mythiques, des scénarios dignes du cinéma et en plus victorieuses. Tout cela restera gravé à jamais dans ma mémoire.

En plus de ça, les Açores sont un petit paradis pour les amoureux de la nature que ce soit à terre, en mer ou sous l’eau. C’est une destination qui occupe une place de choix dans ma « shortlist planétaire ».

Tu as retrouvé Tom ici à Faial, l’occasion de te replonger un peu dans son univers …

Tom a le profil des gars que j’admire. Sportif de l’extrême, aventurier, amoureux de la nature, il repousse toujours ses limites soit via un exploit sportif, soit pour dénicher les plus beaux coins du monde. Sa façon de communiquer nous permet de rêver et voyager avec lui. Tom est une super rencontre ainsi qu’avec sa dream team rapprochée (son épouse Sofia et son fils Jack). Une source d’inspiration pour mes projets et mes défis.

Première rencontre avec Fred, quelles impressions te laisse-t-il ?

Fred m’a permis de rentrer en immersion complète dans son « monde du silence ». C’est un passionné qui t’emmène au cœur de l’océan. J’ai eu la chance de nager avec les requins bleus en sa présence. Ce moment magique m’a fait encore plus prendre conscience de la beauté et la fragilité de cet océan qui nous apporte tant à tous les deux. Fred est en symbiose avec son élément favori. Cela se sent, se voit et ne peux qu’attiser ma curiosité et ma sympathie pour ce personnage mi-homme mi-poisson.

Fred Buyle, photographe sous-marin et explorateur

Fred Buyle

Qu’est-ce que les Açores ont de si particulier par rapport à ta passion la photographie sous-marine ? 

Les Açores sont un hot spot pour la vie marine, une oasis de vie en plein milieu de l’océan Atlantique. On y retrouve un mix de faune aquatique tropicale et tempérée et surtout une population importante de grands animaux marins comme les cétacés, les requins et les grands poissons pélagiques. Mais il faut savoir que les conditions peuvent être difficiles, à cause des courants, des vagues, du vent… C’est aussi grâce à ces conditions très particulières que la biomasse est importante. C’est donc un endroit idéal pour l’image sous-marine. 

Vous sous l’eau, Tom dans les airs, êtes-vous pour autant tellement différents ? 

Tom est un véritable aventurier. Il utilise le parapente et un voilier comme outil d’exploration. C’est assez similaire à la façon dont j’utilise l’apnée : comme un outil de découverte du milieu marin. Pour voler, il faut être assez carré et organisé, c’est un milieu qui pardonne beaucoup moins que l’océan. Tom a toutes ces qualités tout en réussissant à y ajouter du lâcher-prise.

C’est, selon moi, ce qui lui permet de pousser toujours un peu plus loin les limites tout en restant en sécurité. Dans sa philosophie, le parapente est également assez similaire à l’apnée : peu de matériel, pas d’utilisation d’énergie, silence de fonctionnement et possibilité de pratiquer partout sans besoin d’une logistique importante. 

Jonas est arrivé par la mer à la suite de la compétition « Les Sables-Les Açores-Les Sables ». Quelles impressions te laisse-t-il ? 

Jonas est un vrai compétiteur. C’est la première fois que je le rencontrais et à travers lui j’ai pu me revoir à l’époque où j’étais un compétiteur : il est très relax, sympa et disponible mais il est capable de basculer en mode « course » en quelques secondes et là c’est une machine de guerre ! 

La course au large combine une très rigoureuse technicité de la régate avec une composante instinctive pour tout le côté météo et conditions en mer. La balance est fine et il faut trouver le bon mix, c’est très intéressant.  J’ai pu observer cette approche quand nous avons été plonger avec les requins bleus, il a tout d’abord analysé la situation, il a intégré tous les paramètres et puis a très vite pu profiter de l’expérience pleinement. De mon côté avoir pu naviguer sur son bateau était une super expérience, quelle machine ! 

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